Le 4 octobre, nous avons célébré les 80 ans de la Sécurité sociale au Tiers-Lieu Faire Liens, situé au 44 rue du Docteur Finlay.
Cette commémoration s’est déroulée dans une ambiance conviviale et musicale, avec les belles prestations de Mirélè ROZEN et Joseph SHAMEL.
Retrouvez le film
qui retrace l’évolution de La Sécurité sociale de 1789 à nos jours, présenté à cette occasion :
https://youtu.be/FAaCmq70l8Y?si=3vDYWedUWFGqIW7Q
Nous adressons nos remerciements chaleureux à Farid ATAMNA, directeur de Faire Liens, pour son accueil et sa participation à cet événement.
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« Une révolution que nous voulons faire
et une révolution que nous ferons »
C’est en ces mots que, le 23 mars 1945, Pierre Larocque, directeur général des assurances, puis de la Sécurité sociale, présentât son projet de Sécurité Sociale. L’ordonnance promulgué ce jour-là organise la structure administrative nécessaire au futur système : création des Caisses primaires de Sécurité sociale, définition de leurs missions, et préparation du futur régime général.
L’ordonnance d
u 4 octobre 1945, constitue l’acte fondateur du système de Sécurité sociale français. Elle énonce le principe fondamental :
« Il est institué une organisation de la Sécurité sociale destinée à garantir les travailleurs et leurs familles contre les risques de toute nature, susceptibles de réduire ou de supprimer leur capacité de gain, a couvrir les charges de maternité et les charges de familles qu’ils supportent »
Cette ordonnance établit le régime général de Sécurité sociale, définit les branches (maladie, maternité, invalidité, vieillesse, décès), fixe le principe d’universalité et d’unification (sur tout le territoire, tous les travailleurs, un seul régime de base), et organise le financement par les cotisations sociales. Ce sera la base de la devise de la Sécu :
Chacun cotise selon ses moyens
et reçoit selon ses besoins.
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Avant 1945 : les premiers régimes de socialisation des risques et la création des « assurances sociales »
La protection sociale en France s’enracine loin dans l’histoire. Dès 1673, Colbert crée un premier régime de retraite pour les marins, amorçant une réflexion sur la solidarité professionnelle. À la fin du XIXᵉ siècle, inspirée par le modèle allemand de Bismarck, la France pose à son tour les premières pierres de son système social : la loi de 1898 protège les salariés contre les accidents du travail, reconnaissant la responsabilité collective des employeurs.
Le mouvement s’amplifie au début du XXᵉ siècle. En 1910 naissent les retraites ouvrières et paysannes, premières pensions interprofessionnelles destinées aux travailleurs modestes. Puis, les lois de 1928 et 1930 généralisent les assurances sociales, couvrant maladie, maternité, invalidité, vieillesse et décès. Enfin, la loi de 1932 introduit les allocations familiales obligatoires, financées par les entreprises.
Ces avancées successives ont bâti les fondations de la Sécurité sociale moderne, créée en 1945 par Ambroise Croizat, Ministre du Travail, et Pierre Laroque, Haut Fonctionnaire. Ce premier « régime général unifié et universel » repose sur un principe simple et solidaire : des cotisations issues des salariés et des entreprises pour protéger tous les citoyens face aux risques de la vie.
Depuis 1945, la Sécurité sociale n’a cessé d’évoluer pour s’adapter aux transformations de la société française.
Une étape majeure intervient en 1967 avec la réorganisation complète du système. L’État décide alors de séparer la Sécurité sociale en trois branches autonomes : la maladie (CNAM), la vieillesse (CNAV), et la famille (CNAF). De plus, cette réforme a transformé la Sécurité sociale d’un système autonome géré par les partenaires sociaux en un système placé sous la tutelle étroite de l’État. L’État en est devenu le chef d’orchestre, en contrôlant les budgets, les orientations et la gestion quotidienne.
À partir des années 1980, l’âge légal de la retraite commence à être progressivement repoussé. Parallèlement, plusieurs réformes majeures transforment le dispositif : en 1988, la création du Revenu minimum d’insertion (RMI) inaugure une aide financée par l’État ; en 1990, la Contribution sociale généralisée (CSG) diversifie les sources de financement ; puis en 1996, la Contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) est instaurée.
La fin des années 1990 et les années 2000 voient également l’introduction de la Carte Vitale (1997), de la Couverture maladie universelle (1999) et du médecin traitant (2004), ainsi que la promotion des médicaments génériques et la création du forfait de 1 € par consultation. Enfin, en 2006, la mise en place du Régime social des indépendants (RSI) regroupe les différents régimes des professions libérales, artisans, commerçants et industriels.